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Le procès de Sadia et mon action contre le mariage forcé avec la commission de lutte contre les violences intrafamiliales (VIF L'ACTION) de la ville de Mons

La  Province, 22/11/2011

Les crimes d’honneur existent, même ici

ENTRETIEN: Michelle Waelput Enseignante, impliquée dans la lutte contre les mariages forcés à Mons. Elle est régulièrement confrontée à la disparition d’étudiantes, des jeunes filles renvoyées dans leur pays d’origine pour être mariées de force. La Montoise a décidé d’agir.

Vous suivez le procès Sadia. Pourquoi êtes-vous là?

Je suis le procès parce que j’ai travaillé avec les professeurs de Sadia. Quand elle est morte, ils m’ont contactée parce que moi aussi j’avais été confrontée à un mariage forcé. Suite au décès de Sadia, à la demande de ses amis et de ses enseignants, un colloque a été organisé à Charleroi. J’y suis intervenue.

Qu’attendez-vous d’un tel procès?

D’abord que l’on reconnaisse l’existence des mariages forcés et des crimes d’honneur chez nous, en 2011. Beaucoup de jeunes filles n’osent pas témoigner parce qu’elles risquent leur vie. Sadia en est morte. Une de mes étudiantes m’a d’ailleurs rapporté la réaction de son frère. Il lui a dit: “ Tu vois, Sadia s’est rebellée. Si tu continues, la même chose t’arrivera... ” En France, il y a plus de 70.000 mariages forcés par an. La Belgique ne passe pas à travers les mailles du filet. Encore récemment, j’ai été confrontée à des étudiantes concernées. La police fédérale, elle, a compté 17 crimes d’honneur. C’est difficile à comptabiliser car souvent ils sont camouflés en suicide ou en accident.

Les mariages forcés existent donc encore aujourd’hui à Mons. Que pouvez-vous faire?

Nous nous sommes lancés dans une expérience pilote sur Mons. Il faut agir pour arrêter de voir ces jeunes filles disparaître sans pouvoir les aider. Il existe donc un groupe de travail sur les “ mariages faussés ”, un groupe constitué au sein de la commission montoise de lutte contre les violences intrafamiliales. Concrètement, l’initiative rassemble tous les organismes qui s’occupent de la violence: le CPAS, le service prévention, la police, le SAJ...

Notre objectif est d’abord de faire de la prévention. J’interviens dans les écoles. Je viens par exemple d’expliquer le problème dans trois classes de futurs enseignants. Je vais bientôt intervenir auprès des futurs policiers, à l’académie.

Nous avons ensuite mis sur pied une affiche (cf. photo) avec un numéro d’appel. Nous travaillons avec la police de Mons.

À quel niveau intervient la police?

Notre numéro d’appel est le 101 car c’est un numéro accessible 24 heures sur 24. Au dispatching policier, une procédure particulière a été mise en place. Un PV est rédigé à chaque fois. Le bureau d’assistance d’aide aux victimes intervient.

Surtout, il faut penser à la répression. Qu’on ne les laisse pas impunis. Le procès Sadia peut servir d’exemple. Il faut que les familles concernées se rendent compte qu’elles ne peuvent pas faire ce qu’elles veulent sans crainte d’être poursuivies.

Avez-vous des craintes parfois?

Avec la peur, on ne fait rien. Mes proches me soutiennent. On ne peut pas rester sans rien faire.

A noter que le groupe montois “ Les mariages faussés ” souhaite désormais lancer son site internet.